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Communiqué
Autoriser l'utilisation de la charia en Ontario menace les droits des femmes
Toronto, le 22 décembre 2004 -
Continuer à permettre l'utilisation de tribunaux privés
et religieux expose les femmes à une perte de leurs droits dans
les litiges reliés à leur bien-être et à
celui de leurs enfants. C'est la position d'Oasis Centre des femmes, la
seule agence de services à Toronto pour les femmes francophones
victimes de violence.
Le rapport de l'ancienne ministre Marion Boyd, remis au
Procureur général lundi, recommande le maintien de
l'arbitrage religieux dans les cas relevant du droit de la famille et
du droit de succession. Madame Boyd est elle-même à
l'origine de la Loi sur l'arbitrage, adoptée en 1991, à
l'époque où elle était Procureure
générale dans le cabinet néo-démocrate.
Cette loi permet déjà à des tribunaux religieux
(par exemple, juif ou catholique) de gérer des cas en dehors des
cours de justice régulières.
« Quand nous avons rencontré Madame Boyd en
consultation le 23 août dernier, elle a reconnu qu'elle n'avait
aucune donnée ferme pour affirmer que les droits des femmes
n'avaient pas été bafoués dans les cas
réglés dans ces tribunaux religieux privés depuis
que la loi est entrée en vigueur », indique Lise
Marie Baudry, Directrice générale intérimaire
d'Oasis Centre des femmes. « Donc son affirmation que ces
tribunaux privés fonctionnent bien ne repose que sur des
anecdotes. Et elle s'appuie là-dessus pour recommander que l'on
accorde le droit aux communautés musulmanes d'utiliser des
tribunaux s'inspirant de la charia. C'est tout à fait
inacceptable pour les femmes que nous desservons et qui sont souvent
très intimidées par l'opinion de leurs communautés
religieuses ou autres à ne pas quitter une relation
violente. »
Même si le rapport de Madame Boyd recommande des
mesures pour assurer, notamment, que les femmes décidant de
passer par un tribunal religieux ont été bien
conseillées sur leurs droits, ce n'est pas suffisant comme
protection.
« Nous demandons au Procureur
général, Michael Bryant, de bien réfléchir
aux recommandations de Madame Boyd », ajoute Madame Baudry.
« Il se doit d'entendre lui-même les objections des
groupes de femmes les plus vulnérables. La justice ontarienne a
l'obligation de protéger les droits chèrement acquis de
toutes les femmes. »
Oasis Centre des femmes compte de nombreuses musulmanes
parmi ses employées et ses clientes. Oasis souscrit au respect
des droits des femmes à choisir une vie sans violence et sans
harcèlement, à contribuer pleinement à la
société ontarienne.
Pour de plus amples renseignements :
Niclette Avana, Responsable des communications
416-591-6565, poste 33;
niclettea@oasisfemmes.org
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