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« L’argent fait parler de lui ! » ABLE Financial Empowerment Conference 2015


ABLE Financial Empowerment Conference 2015

Le 2-3 Novembre 2015

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Le mois de Novembre, désigné comme le Mois de la Littératie Financière au Canada a été chargé en actualité. En tant qu’agente de recherche depuis quelques mois auprès d’Oasis Centre des femmes, j’ai eu l’opportunité de participer pour la première fois à ABLE, événement bis annuel organisé et animé par Prosper Canada. Le thème pour 2015 ? « Aligning for impact. » ABLE rassemble la communauté et divers représentants du privé, de l’entreprenariat, du gouvernement, de la philanthropie ainsi que des leaders chercheur(e)s.

Leur but est d’assurer que tous les canadiens et canadiennes vivant dans la pauvreté aient accès aux politiques financières, aux progra
mmes, aux outils et aux ressources dont ils et elles ont besoins pour bâtir leur bien-être financier (Prosper Canada, 2015). J’étais donc à la recherche de solutions et de partenaires pour le renforcement de notre propre communauté francophone. Compte-rendu de la quête …

Mes premières impressions:

J’ai très bien été accueillie à la conférence. Des centaines de personnes se sont réunies sur deux jours pour parler des enjeux économiques et systémiques par rapport à la pauvreté au Canada. Comme vous pouvez l’imaginer, rassembler des individus ayant différentes expériences professionnelles et personnelles autour d’un sujet aussi complexe que celui de la pauvreté offre des discussions très intéressantes et beaucoup d’informations à partager, ceci dit, en trop peu de temps.

Je me suis sentie un peu en minorité représentant un centre féministe desservant les femmes francophones dans une salle remplie d’individus venant du monde financier. La majorité des gens rencontrés ont montrés de la surprise pour le secteur que je représentais mais ont fait preuve d’une certaine ouverture d’esprit et leur intérêt par rapport à la recherche sur la littératie financière des femmes francophones du GTA et la collaboration de tant d’organismes.

Connaissez-vous la chef du développement de la littératie financière du Canada ?

Pour les discours d’introduction, au côté du ministre Deb Matthews, Vice-première ministre, responsable de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté et Présidente du Conseil du Trésor, se trouvait Jane Rooney, première chef du développement de la littératie financière du Canada. Elles ont souligné à quel point la littératie financière est devenu un sujet important et même crucial pour les canadiens et canadiennes. Toutefois, j’étais un peu déçue… J’aurais aimé qu’elles mentionnent  les défis spécifiques qui concernent les femmes dans leurs discours, une population particulièrement vulnérable qui n’a même pas été reconnue comme telle dans la Stratégie nationale de littératie financière et dans le rapport Les Canadiens et leur argent (2010) un rapport ou pas une fois le mot «femme» n’est écrit (si vous le trouvez, dites-le nous, nous l’avons relu trois fois). Néanmoins, certains panélistes ont abordé brièvement la question concernant les femmes, les liens direct avec la violence économique et ont parlé du soutien que peut apporter le secteur financier. Certaines initiatives intéressantes dans d’autres provinces ont aussi été présentées et devraient être explorées davantage.

Les clés pour de meilleurs services en préparation financière ? « Collaboration », changement systémique, et langage adapté.

Parmi les thèmes abordés, certains revenaient particulièrement.

Tout d’abord, nous avons entendu parler de collaboration. Que ce soit d’avoir une meilleur communication entre les divers secteurs, de créer un réseau de littératie financière au niveau local, provincial ou fédéral, ce fut un sujet très populaire. Pourquoi réinventer la roue? Une expression que vous connaissez probablement tous n’est-ce pas? Nous avons discuté d’un enjeu important qui empêche les organismes à but non lucratif de collaborer. Ce dernier fait référence aux subventions et à la compétition qui existe entre les différentes agences communautaires. Le système et les politiques ont donc été identifiés comme barrières importantes à l’ascension vers une meilleure collaboration.

« Le travail individuel ne vaut rien si on ne travaille pas à modifier les enjeux systémiques » un autre thème que j’ai entendu souvent. Ainsi, nous nous sommes entendus, suite à mes interactions avec un groupe de participants, à partager nos ressources, à travailler vers un but commun malgré les barrières de subventions précédemment évoquées. Nous pourrions tenter de conserver notre énergie et utiliser nos ressources de manière durable pour mieux desservir la communauté en essayant de ne pas dupliquer les services.

Autre thème : le langage. D’abord, les mots que nous utilisons pour désigner diverses problématiques a été un autre sujet qui est survenu à plusieurs reprises. Comment fait-on référence à la population avec qui on travaille? J’ai souvent entendu « poor people » ou « low income people » alors qu’on devrait dire « les individus vivant dans une situation de pauvreté ». Ils/elles sont des personnes avant tout n’est-ce pas ? Ces étiquettes discriminatoires font aussi ressortir les dynamiques de pouvoir qu’il y avait dans la salle. Malheureusement, certains secteurs représentent une population assez privilégiée qui n’avait pas nécessairement les mêmes valeurs, expériences et mode de pensée… Le thème du langage est aussi ressorti en termes de littératie financière. Est-ce que le public cible comprends les outils qui lui sont offert ? Quel jargon bancaire pourrait être simplifié ? Si les « procédures et règlements strictes » sont inévitables, comment peut-on établir une relation de confiance avec les clients et bien expliquer les options financières qui sont offertes? Enfin, le langage c’est aussi la langue… Et le français, deuxième langue officielle du Canada dans tout ça ? Mais cette question, je crains de me l’être posée toute seule…

Indignation et responsabilité

Bref, je crois que le message le plus important reste celui de l’indignation. Nous devons prendre du recul régulièrement et évaluer notre travail afin d’identifier des comportements ou des pratiques discriminatoires soit par notres entreprises (politiques et procédures) ou de façon individuelle dans nos interventions, notre langage afin d’offrir des services inclusifs et utiles pour les usagères et usagers.

Qui du gouvernement et son travail ?

Plusieurs présentateurs ont illustré l’importance de responsabiliser notre gouvernement fédéral et provincial afin d’obtenir un meilleur soutien financier pour le logement abordable, les programmes de littératie financière et pour les divers efforts de lutte contre la pauvreté au Canada. Les grandes institutions bancaires doivent faire des efforts pour changer la culture du monde financier qui projette une image intimidante et restreint la capacité des personnes vivant dans des situations de pauvreté à accéder à des services inclusifs.

Et les femmes dans tout ça ?

Nous devons aussi nous pencher sur les questions des femmes et offrir des accompagnements personnalisés dans des situations complexes qui impliquent souvent des questions de violence et d’insécurité financières. Les femmes représentent plus de la moitié de la population canadienne et ont un impact majeur sur l’économie et le fonctionnement de la société à tous les niveaux.

Je pourrai définitivement en écrire d’avantage sur ce sujet dans les blogues à venir sur le projet de littératie financière des femmes francophones du GTA appelé ESSOR Collaborer pour améliorer la préparation financière des femmes.

La solution viendra des femmes elles-mêmes

On m’a beaucoup demandé, ces deux jours, quelles solutions nous souhaitions apporter en tant que centre de femmes francophones. La seule réponse possible est la suivante : La solution viendra directement des femmes elles-mêmes puisqu’elles seules connaissent leurs besoins.  Évidemment, lorsqu’elles auront accès aux informations, à des outils et à un accompagnement, elles seront en mesure de prendre de meilleures décisions pour leur bien-être. Mais sous quelle forme ? Pour dire quoi ? Comment ? Avec qui ?

Pour nous aider à trouver les bonnes réponses, si vous êtes une femme francophone de plus de 16 ans, répondez au sondage suivant 16 à 25 ans ou 26 ans et + … Merci !

Mélanie Parent
Agente de Projets Économiques/ Economic Project Officer

Courriel / Email: melaniep@oasisfemmes.org
Tél.: 416 591 6565, poste 249  / ext. 249

www.oasisfemmes.org

Ligne de soutien : www.femaide.ca

 

 

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