« Nous refusons d'accepter passivement la violence policière ! »


Tragiquement, Regis Korchinski-Paquet décédait le 27 mai dernier, quelques minutes après l'appel à l'aide logé au 911 par sa famille. Elle rejoignait ce jour-là la longue et triste liste de personnes noires décédées lors d'une intervention policière qui devait pourtant leur venir en aide...


Dans une lettre ouverte publiée le 8 juin sur le site web de Macleans, des femmes et leaders communautaires noires dénonçaient les agissements racistes des services de police. Dada Gasirabo, directrice générale d’Oasis Centre des femmes, faisait partie des signataires de cette lettre. Dans le contexte de cette tragédie et des manifestations antiracistes des dernières semaines, il nous semble important de citer un extrait de cette lettre :


Nous sommes en colère et traumatisées par ces décès qui se répètent. Nous dénonçons les systèmes et les structures qui, trop souvent, rendent invisibles les décès de femmes noires, de personnes trans ou de genre non conforme, et nous demandons que l'enquête entourant la mort de Regis Korchinski-Paquet soit faite de façon transparente et responsable. Nous ne pouvons ignorer la misogynoire (la misogynie dirigée vers les femmes noires) des reportages qui ont suivi la mort de Regis et le silence que cela a créé. Cette semaine encore, le racisme anti-noir nous cause douleur et colère. Ces blessures sans cesse rouvertes causent des traumatismes psychiques importants.


Laissons-nous inspirer par ces mots de la poète féministe Audre Lorde : « La colère est une réaction appropriée vis-à-vis des attitudes racistes, tout comme l’est la furie lorsque les actions découlant de ces attitudes ne changent pas ». La colère est un outil que les femmes noires et racisées ont dû apprendre à utiliser afin de dénoncer, encore et encore, les abus des droits de la personne dont sont victimes les personnes noires.


Que cette colère nous donne la force de continuer à dénoncer et à demander le changement !